Si entre 18 et 21 mois, l’enfant est capable neurologiquement et intellectuellement de comprendre ce que l’on attend de lui, c’est également la période où débute la phase d’opposition… Brrrrrr !! Lors de cette phase, parfois appelée le « terrible two », l’enfant comprend mais refuse donc systématiquement d’obtempérer ou de partager un moment de complicité. Il dit « non » à tout, se met en colère pour des choses qui nous paraissent futiles. Bref, c’est une période adaptative qu’on aimerait ne pas voir trop durer… Voici nos conseils pour aider votre enfant à dépasser cette fameuse phase d’opposition.

Qu’est-ce que la phase d’opposition ?

La phase dite »d’opposition » s’exprime en général chez l’enfant par un délicieux “non” à toutes propositions ! On exagère un peu quand même mais pas tant que ça, n’est-ce pas ?! « Donne moi la main », « non »! « Je t’aide pour manger ?», « non »! « Allons acheter du pain ! »,  « non »! Ils s’ensuivent parfois des réactions sympathiques comme le jeter par terre, les coups de pieds qui volent…

Rassurons-nous, c’est un état somme toute normal par lequel Mini a besoin de passer pour construire ses limites. Il ne faut pas voir derrière tout cela une forme de persécution. En effet, votre enfant ne le fait pas pour vous embêter ou vous provoquer, mais bien pour chercher à s’assumer et s’assurer.

Comment aider son enfant pendant cette phase d’opposition ?

Les parents ont un rôle très important à jouer lors de cette phase d’opposition. Eh oui, car ce qui aide avant tout l’enfant, c’est d’être confronté à un cadre ferme, sécurisant et bienveillant. Pour cela, nous vous conseillons, chers parents, de vous tenir à vos propos, de définir des limites fermes, toujours fixées d’un commun accord entre vous et votre conjoint. Ce n’est pas simple, on vous l’accorde!

Soyez fiable pour votre enfant

Pour pouvoir asseoir votre autorité en douceur, votre enfant a besoin de savoir que vous l’aimez et que le cadre que vous lui proposez soit toujours sécurisant et rassurant car immuable.

On s’explique ! Un enfant a besoin, pour se sentir rassuré et en sécurité, de toujours connaître la réponse que vous allez pouvoir lui donner. Pour cela, il est nécessaire que vous lui donniez la même réponse à chaque fois que la situation se répète. Par exemple, lorsqu’il touche aux portes de placards, il doit pouvoir devancer votre réponse « Mini, ici ce sont les affaires de papa et maman, nous ne voulons pas que tu y touches. Va plutôt chercher tes jouets pour que nous puissions jouer ensemble ». Si votre enfant entend systématiquement cette réponse dans un contexte identique, son désir de s’opposer va progressivement s’estomper. C’est ce que l’on appelle la fiabilité.

>> Le saviez-vous ?

A contrario, si votre enfant ne retrouve pas cette fiabilité dans votre réponse mais rencontre plutôt une réponse impulsive du type  « tu n’as rien compris, je te punis », Mini va rechercher encore et encore cette limite franche, puisqu’il va ressentir de l’agressivité dans votre réponse, agressivité qui fait écho à son “non” et va l’inviter à demeurer dans la négation.

Pour parvenir  donc à cette fiabilité, nous reconnaissons que ce n’est pas toujours simple… Et cela suggère d’avoir suffisamment de disponibilité pour Mini… À savoir, en sa présence, par exemple, lâcher le téléphone et s’éloigner de ce qu’il s’est passé au travail en cette journée. Cela implique donc de classifier nos tâches et respirer un bon coup avant de rentrer. Prendre du recul, faire le vide face au vécu de la journée… Relativisez, pensez à votre priorité !

Tentez l’expérience et vous verrez, vous ne le regretterez pas !

 

Gaëlle RIBIERE – Psychomotricienne