Comment se construit la confiance en soi ? C’est une question qu’on ne se pose peut-être pas souvent et pourtant cela pourrait nous être utile à bien des égards. De nombreuses personnes entendent régulièrement, parfois depuis l’enfance, cette injonction : « aie confiance en toi »! Mais, ce n’est pas si facile d’y arriver, n’est-ce pas ? Alors, faisons le point sur la confiance en soi et la façon dont elle se met en place.

Qu’est-ce que la confiance en soi ?

La confiance en soi c’est ce qui nous permet de croire en nos capacités de réussir et donc d’agir, de prendre des décisions, d’apprendre, de penser par soi-même,… Il ne faut pas la confondre avec l’estime de soi, qui elle, est la capacité à être conscient de sa valeur, à connaître ses forces et ses faiblesses.

La confiance en soi n’est pas innée et se construit dès l’enfance et peut se consolider, se fragiliser, puis se reconstruire tout au long de la vie.

Elle dépend notamment :

  • Du tempérament de chacun : certains sont moins craintifs que d’autres et sont plus à l’aise dans la découverte de leurs capacités
  • De l’éducation et du lien avec les parents pendant l’enfance

Pourquoi c’est important ?

Un enfant ou un adulte qui a confiance en lui sera plus autonome, prendra des initiatives et mettra tout en œuvre afin d’atteindre ses objectifs. La confiance en soi est également une base importante pour le développement de l’estime de soi et pour la mise en place de nombreux apprentissages.

Comment se construit la confiance en soi ?

Le sentiment de sécurité intérieure

La confiance en soi se met en place dès les premiers jours de vie d’un bébé. Grâce aux soins et à l’attention que les parents vont lui porter, le bébé va développer un sentiment de sécurité intérieure. Ces premiers contacts physiques comme les câlins, les massages ou le portage vont lui permettre de construire sa propre personne. Nous vous en avons déjà parlé dans cet article : porte-moi sous toutes les coutures.

L’attachement secure

Le développement d’un attachement secure de l’enfant permettra également la mise en place d’une bonne confiance en soi. L’attachement est dit secure si l’enfant a confiance dans la réponse de son parent lorsqu’il est en situation de détresse. Cela permet donc à l’enfant d’être plus aventureux et d’oser davantage car il est assuré qu’on lui viendra en aide en cas de besoin. Nous vous expliquons plus en détail les bénéfices d’un attachement secure dans cet article : S’attacher pour mieux se séparer. L’enfant va donc faire davantage d’expérimentations et prendra confiance en ses capacités.

Le développement de ses capacités motrices

Puis en grandissant, l’enfant va découvrir ses capacités motrices et va donc développer la confiance en son corps. Pour cela, il est nécessaire de favoriser ces apprentissages par plusieurs petites astuces. La première est de privilégier des vêtements qui ne vont pas mettre en difficulté l’enfant dans ses découvertes. On oublie donc le pyjama trop long qui le fait trébucher, les chaussettes antidérapantes qui ne permettent pas de bons appuis… Optez pour des habits qui permettent une motricité libre, libre, libre ! La deuxième astuce est justement de favoriser la motricité libre. Celle-ci est également idéale pour que l’enfant découvre les plein potentiels de son propre corps. Autoriser l’enfant à faire ses propres découvertes, à explorer, toucher est donc une des clefs pour construire une bonne confiance en soi.

Le respect de l’enfant, de ses émotions, de ses choix

La confiance en soi passe aussi par le respect de l’enfant. On s’explique !  L’adulte reste en position d’éducateur et doit imposer certaines choses. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut dénigrer l’avis et le ressenti de l’enfant. Bien souvent nous n’autorisons pas les émotions de l’enfant : « arrête de pleurer ». Et nous pouvons aussi nier ses ressentis : « mais non, tu ne t’es pas fait mal ». Ce n’est évidemment pas dit avec de mauvaises intentions mais le constat est là. Sous peine d’en faire un enfant capricieux, on oublie de lui demander son avis ou de le laisser faire des choix. Bien évidemment il ne s’agit pas de le laisser face à des situations impossibles pour son âge mais faire un choix, l’encourager à être autonome, lui demander son avis revient à le considérer comme une personne et à favoriser sa confiance en lui. Autrement, nous envoyons le message implicite qu’on fait mieux que lui. Prendre en compte son avis et expliquer pourquoi on ne peut pas forcément aller dans le sens de l’enfant est donc une étape importante dans la construction de la confiance en soi.

En conclusion…

La confiance en soi se construit grâce aux liens avec l’autre et notamment avec les parents. Comme le dit si bien Catherine Gueguen dans son ouvrage Pour une enfance heureuse :

« La confiance en soi, dans la vie, ne se décide pas, elle nous est donnée par les autres, d’abord par les parents puis par l’entourage. »

Jeanne RIBIERRE – Psychologue

www.jeanneribierre.fr