Comprendre et gérer la régression du sommeil chez bébé
Les régressions du sommeil ne sont pas toujours bien vécues par les parents. Mais qu’entend-t-on par régression du sommeil ? Sont-elles normales ou inquiétantes ? Peuvent-elles être évitées ? Et enfin comment les accompagner ?
Voici quelques étapes clés, tips et ressources à garder sous l’oreiller pour mieux gérer le marathon du sommeil de la parentalité.
La régression du sommeil : qu’est-ce que c’est ?
Une « régression » du sommeil est l’expression utilisée couramment pour décrire une phase de sommeil durant laquelle votre bébé (ou jeune enfant) dort moins bien, alors qu’il faisait ses nuits ou (s’en)dormait plutôt bien habituellement. Cette phase de régression peut être plus ou moins longue selon les situations (et les ressentis !), de quelques jours à plusieurs semaines.
On distingue la « régression » du sommeil des troubles du sommeil qui peuvent être liées à différentes causes, physiologiques (apnées du sommeil, R.G.O…) ou psychologiques.
Régression ou évolution ?
Nous parlons ici de « régression », mais ce terme est souvent débattu. En effet, le sommeil du jeune enfant n’est ni linéaire, ni un long fleuve tranquille ! Et, fait important à savoir, le sommeil met environ 5 ou 6 ans à ressembler à celui d’un adulte, même lorsque le bébé fait ses nuits dès la première année de vie! Nous vous en parlons plus en détail dans notre article le b.a-ba du sommeil de bébé .
Les étapes, les progrès psychomoteurs, les changements ou des avancées développementales majeures sont souvent corrélées au sommeil. On peut alors se demander s’il s’agit de régressions, ou au contraire, de progressions ?
Les régressions du sommeil sont donc non seulement classiques mais aussi considérées comme normales chez le bébé et le jeune enfant. Elles sont, entre autres, le signe que votre enfant grandit et évolue bien.
Quelles sont les causes fréquentes de régression du sommeil ?
On distingue différentes causes ou facteurs possibles de régressions de sommeil (non systématiques), parmi lesquelles :
- Les phases ou pics de croissance
- Les poussées dentaires
- Les périodes de maladie classiques du nourrisson ou du jeune enfant
- Les cauchemars ou terreurs nocturnes
- Les grands changements de rythme ou d’environnement (entrée à la crèche, déménagement, jours qui rallongent, changements d’heure…)
- Les phases où le bébé/l’enfant est plus sensible aux séparations
- Des changements ou évolutions dans le rythme circadien (ex : lorsque l’enfant grandit et qu’il a moins besoin de sommeil mais qu’il fait encore une ou plusieurs siestes)
- Des événements heureux mais très excitants (ex : anniversaires, vacances…)
A quel âge surviennent les régressions du sommeil ?
Les régressions du sommeil peuvent survenir à tout âge entre 0 et 6 ans, mais on distingue néanmoins quelques périodes clés :
- Autour de 3 semaine : lorsque le rythme circadien se met tout doucement en place, les pics de croissance augmentent (ou jours de pointe) et le système digestif s’emballe !
- Autour de 4 mois : les temps d’éveil sont alors plus importants et votre bébé s’endort moins facilement dans le bruit ambiant ou la lumière.
- Autour de 7/10 mois : votre bébé différencie davantage les figures et lieux d’attachement des autres personnes ou environnements. Les signaux d’appel et parfois les peurs peuvent alors être plus fréquents durant cette période, notamment à l’approche de l’endormissement.
- Vers 12/18 mois : L’acquisition de la marche et autres progrès psychomoteurs peuvent aussi entraîner une activité d’éveil nocturne plus importante.
- Autour de 2 ans : Une période d’affirmation de soi, d’autonomie et d’acquisition du langage qui va de pair avec des demandes plus explicites envers l’adulte et des inquiétudes lors des moments de séparation comme le coucher ou la nuit. Des parasomnies comme les cauchemars ou terreurs nocturnes peuvent aussi apparaître.
- Autour de 3 ans : Le chemin de l’acquisition de la propreté ou continence et les nombreux changements de cette période comme l'entrée à l'école peuvent entraîner des perturbations nocturnes passagères.
- Autour de 5 ans : Même lorsque la question des nuits semblait entérinée depuis longtemps, il arrive que survienne une période de cauchemars, d’allers-retours dans le lit parental et autres agitations nocturnes. Patience, la fin des turbulences approche !
Comment accompagner ces phases de régression ?
Pour vous parents, pas de panique ! Les régressions du sommeil ont un début…et une fin !
Lorsqu’elles surviennent, vous pouvez néanmoins rassurer votre bébé ou votre enfant :
- En l’accompagnant à nouveau de manière proximale, le temps nécessaire . Par exemple au travers du portage, en restant un peu plus à ses côtés lors de l’endormissement, en emplissant autant que possible son réservoir affectif en journée…
- En ritualisant les moments qui précèdent l’endormissement, notamment en introduisant le bain, le doudou, l’histoire, le câlin du soir, une petite veilleuse, en couchant un peu plus tôt ou plus tard votre enfant selon les signes du sommeil repérés…
- En lui parlant : par exemple en verbalisant à votre enfant que vous avez repéré que quelque chose le perturbait en ce moment, en lui proposant des hypothèses ou en cherchant des petites solutions créatives ensemble et avec le co-parent.
Et si ça dure trop ?
Si la régression du sommeil perdure dans le temps (au-delà de plusieurs semaines), qu’elle vous semble interminable ou difficilement tolérable et que les conseils ci-dessus n’aident pas, c’est sûrement le signe qu’elle s’installe et se transforme en légère perturbation du sommeil (de votre enfant…et/ou du vôtre !)
Il est alors important de tenter d’identifier les causes sous-jacentes, éventuellement en demandant l’aide de professionnels extérieurs.
Pour conclure
Les régressions du sommeil sont transitoires, normales voire attendues dans le développement normal du bébé et du jeune enfant. Dans l’immense majorité des cas, l’adage selon lequel « un bébé ou un jeune enfant qui a su fait ses nuits saura les refaire » se vérifie.
Comme lors d’un marathon, on n’avance pas toujours à la même vitesse et notamment en termes de sommeil. Des étapes de ralentissement, de ravitaillement et de recharge sont nécessaires pour maintenir le cap. Sur la ligne d’arrivée, le trophée est amplement mérité : des nuits sereines, complètes et continues (si, si, un jour ça arrive pour toujours !).