Petit mais costaud !

par Jeanne Ribierre, Psychologue
On entend souvent qu’un nouveau-né est ennuyeux car il ne fait que dormir et manger et ne nous montre pas ses capacités. Même s’il est vrai que les possibilités de partage sont limitées, votre bébé est tout de même plein de ressources ! Nous vous avons déjà parlé des capacités sensorielles du fœtus et du nouveau-né (consultez notre article Parlons donc à ce ventre rond!), à présent penchons-nous sur les compétences interactives du nouveau-né.

On entend souvent qu’un nouveau-né est ennuyeux car il ne fait que dormir et manger et ne nous montre pas ses capacités. Même s’il est vrai que les possibilités de partage sont limitées, votre bébé est tout de même plein de ressources ! Nous vous avons déjà parlé des capacités sensorielles du fœtus et du nouveau-né (consultez notre article Parlons donc à ce ventre rond!), à présent penchons-nous sur les compétences interactives du nouveau-né.

Le regard

Le regard est un moyen de communication formidable entre bébé et vous. Le nouveau-né sollicite ou interrompt l’interaction avec son entourage bien plus souvent qu’on ne le croit ! En cherchant le contact œil à œil, ou en soutenant votre regard, bébé entame une communication visuelle. En revanche, le fait de fixer (œil à œil) est un exercice très intense pour votre enfant, c’est pour cela qu’il détourne son regard au bout de quelques secondes.  Cette tolérance augmentera au fur et à mesure que votre enfant grandira. Le fait de détourner la tête est également un moyen pour lui de signifier que l’interaction que vous aviez devient trop intense et qu’il refuse ou interrompt la communication. Inutile, donc, de multiplier les grimaces pour capter à nouveau l’attention de votre bébé : il saura venir solliciter votre regard à nouveau lorsqu’il sera moins submergé d’émotions. Les échanges visuels permettent un partage émotionnel : votre enfant comme vous-même allez pouvoir lire les émotions de chacun dans le regard de l’autre. Allez, on ne laisse pas bébé dans un coin! On le regarde et on accepte qu’il puisse détourner le regard: c’est sa manière de se protéger! Un petit exemple d’activité à faire ensemble: profiter du temps du biberon pour plonger vos yeux dans ceux de votre bébé! En lui parlant ou lui chantant une petite comptine. Les petits jeux de mains comme “Ainsi font font font les petites marionnettes” vont également solliciter le regard de votre tout petit. La psychomotricienne vous en parle ici!

Le sourire

Le sourire est une des compétences interactives par excellence. Il apparaît très tôt chez le nouveau-né, il peut-être une mimique-réflexe de bien-être et il n’est pas rare de voir votre enfant sourire dans son sommeil. En revanche, vers deux mois (ou troischaque enfant va à son rythme!), le sourire devient social: votre enfant vous sourit par imitation, c’est-à-dire en réponse à votre propre sourire! Puis, petit à petit, votre enfant va sourire spontanément et ainsi communiquer clairement son état émotionnel. Ce sourire est bien évidemment soumis à votre propre interprétation, mais il a pour conséquence d’amorcer la communication entre votre enfant et vous! C’est également le début du lien d’attachement qui se crée entre vous, car votre sourire le rassure et l’apaise. Pour approfondir le vaste sujet de l’attachement, lisez notre article S’attacher pour mieux se séparer!Souriez à votre enfant, il vous le rendra! Votre enfant ne sourit pas encore? Avez-vous essayé de lui faire de petites chatouilles dans le cou ou sous le pied? Associées à la petite chanson “c’est la petite bête qui monte, qui monte…”, le sourire est quasi garanti! Souffler sur le ventre de votre enfant ou faire de gros bisous bruyants sur son nombril sont aussi des valeurs sûres! Si vous souhaitez davantage de conseils, consultez l’article La petite bête qui monte…

Les pleurs

Le nouveau-né est assailli de besoins qu’il ne peut pas assouvir seul… Faim, fatigue, besoin de réconfort, votre enfant communique ses besoins par des pleurs. C’est le seul moyen de communication qui lui permet d’attirer le parent à lui! Dailleurs, s’il vous faut une preuve que c’est bel et bien un outil de communication, beaucoup de mamans peuvent faire la distinction des différentes raisons des pleurs (faim, fatigue,…)!Les pleurs sont donc la manifestation d’un besoin mais c’est aussi une demande de réassurance, de retour à un sentiment de sécurité. Le lien d’attachement se tisse également grâce à la réponse que vous apportez à votre enfant lorsqu’il est en situation de “besoins”. Pour aller plus loin: L’attachement, quésako ?Si votre enfant ne pleure jamais ou au contraire s’il pleure tout le temps, cela peut être un signe de détresse. N’hésitez-pas à consulter votre pédiatre ou un psychologue si cela vous interpelle.

Les mimiques

Très tôt, votre enfant va réagir à ce qu’il entend, voit ou goûte ! On peut facilement se rendre compte s’il a peur, s’il apprécie ce qu’il mange en observant ses réactions faciales… Les mimiques reflètent ce que ressent votre enfant, et permettent à l’adulte (s’il est suffisamment attentif) d’y répondre. Les mimiques de succion sont également perçues comme une demande de stimulation et d’interaction. L’avantage des mimiques est qu’elles se comprennent tout de suite et leurs significations sont plutôt universelles. Mais cela peut être une occasion pour mettre des mots sur ce que vous avez perçu: “Ho! je vois que tu as eu peur, ne t’inquiète pas…” ou “On dirait que tu aimes ça, ton biberon, tu as l’air bien là!”.

Le dialogue tonico-émotionnel

Ça a l’air compliqué mais c’est en fait tout simple! Par exemple, lorsque vous portez votre enfant, s’il se sent bien dans vos bras, il se laissera aller et se lovera sur vous. En revanche, s’il est contrarié ou s’il sent que vous êtes contrariés, il adoptera une posture plus “tonique”: il se redressera, partira en arrière, gigotera… On parle de dialogue, car la posture de l’un va provoquer un ajustement de la posture de l’autre en fonction des émotions de chacun. C’est-à-dire que si vous sentez votre enfant inconfortable, vous ajusterez votre position et inversement ! Votre enfant est donc un partenaire actif dans vos interactions!On vous avait prévenu, les compétences interactives de votre enfant sont nombreuses ! Soyez attentifs à tous ces petits signaux que votre enfant vous envoie! Vous serez surpris de voir à quel point il peut communiquer avec vous.

par Jeanne Ribierre, Psychologue

En difficulté dans cette étape ?

Ne vous inquiétez pas.

Ce n’est pas l’âge mais bien l’acquisition des étapes qui comptent pour le bon développement de votre enfant !

Revenons à l’essentiel pour fortifier
les acquis de votre enfant.

Le saviez-vous ?

Eh oui ! Votre bébé peut interagir avec vous et il est même co-acteur de son développement ! Le bébé n’est donc pas à idéaliser car il a sa part de responsabilité dans son développement : toutes les mamans peuvent donc déculpabiliser ! Il n’existe pas de mauvaise mère ou de mauvais bébé mais il y a de moins bonnes façons d’interagir. Et l’enfant, dès la naissance, possède déjà plusieurs moyens de communication!