Nous avons eu un réel coup de cœur pour Pipouette, la poupée qui accompagne les émotions des enfants et des familles avec le cœur. Les émotions sont si importantes dans la vie mais il est parfois difficile d’accompagner l’enfant à les reconnaître et à les gérer. C’est un véritable apprentissage et cette poupée nous paraît être un médium très prometteur! Nous avons donc interrogé Nathalie, la fondatrice de Pipouette, pour en savoir plus.

Bonjour Nathalie, pouvez-vous nous dire qui vous êtes en quelques mots?

J’aime être au travail ce que je suis dans la vie et depuis de nombreuses années je place la quête de sens au cœur de mon projet de vie. C’est ce qui m’a poussé à devenir entrepreneure, ou plutôt mumpreneure, car je suis la maman d’une petite fille qui vient d’avoir 4 ans. Comme j’aime le dire, si je souhaite l’accompagner sur le chemin de la confiance en soi et qu’elle puisse croire en ses propres rêves, à moi de lui montrer l’exemple.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concept de poupée à émotions ?

J’ai imaginé et créé cette poupée d’abord pour les enfants. Pipouette est une poupée qui n’a pas de visage fixe. Les enfants utilisent les masques amovibles à leur disposition et qui représentent les émotions de base : la joie, la tristesse, la colère et la peur. Cela afin de dire ce qu’ils ressentent quand, parfois, il est difficile de mettre des mots dessus ou qu’ils n’ont pas encore acquis le langage.

La poupée est ludique et évolutive. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, ils peuvent mettre des mots sur leurs émotions mais aussi sur les sensations dans leur corps, raconter des histoires à Pipouette, un peu comme à un confident, jouer seul ou à plusieurs, gérer leurs émotions et accueillir une émotion désagréable pour revenir à un état de joie ou de sérénité.

Mais Pipouette n’est rien au départ sans l’impulsion d’un adulte. Elle est aussi pour les mamans, les papas, les familles, les professionnels de l’enfance afin de renforcer les liens, la confiance, dénouer les maux, autour d’un moment privilégié de jeu, de dialogue, d’amour.

Comment avez-vous eu l’idée de créer cette poupée?

Assez égoïstement, l’idée de cette poupée est née pour répondre à un besoin personnel. À l’époque, ma fille avait tout juste 2 ans et elle vivait ses émotions intensément. Depuis sa naissance, je me suis tournée vers un chemin d’éducation à l’écoute de l’enfant. Naturellement, j’ai opté pour l’accueil des émotions, même celles désagréables. Mais j’étais à la recherche d’un support qui pourrait m’aider parce qu’il faut bien le dire, parfois je me sentais démunie face aux tempêtes émotionnelles, qui en plus, font souvent rejaillir nos propres émotions refoulées, non accueillies et donc blessées.

À l’époque, on parlait déjà pas mal des émotions mais pour les tout petits il n’y avait pas autant de livres que maintenant. Et puis ma fille est très tactile, j’avais envie d’un objet sensoriel et concret que l’enfant puisse s’approprier facilement, un peu comme un doudou, un compagnon. Et comme je n’ai pas trouvé ce que je souhaitais, une poupée qui réponde à mes attentes pédagogiques et qui rejoigne mes exigences de maman tendance, je l’ai créée.

À terme, je souhaite développer d’autres produits et faire de Pipouette une marque engagée en faveur de l’expression des émotions. Une marque qui conjugue pédagogie et tendance au niveau de l’esthétisme, une marque aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur en quelque sorte.

Qu’est-ce qui vous tenait à cœur en créant Pipouette? Ce que la poupée devait permettre, ce qui était essentiel dans sa conception ?

Oh beaucoup de choses me tenaient à cœur ! Je vais partager avec vous deux choses fondamentales sur lesquelles je n’ai voulu transiger à aucun moment sur ce long chemin de la création.

La première chose que je souhaitais vraiment était d’avoir une seule poupée avec un système de visages amovibles. Avec ces masques représentant chacun une émotion différente, Pipouette représente l’émotion pour ce qu’elle est : une réaction physiologique fugace. Nos émotions font partie de nous, de notre vie, tous les jours nous en ressentons une multitude mais elles ne nous caractérisent pas et au fond c’est magique car ça évite de coller des étiquettes. Pipouette ou l’enfant ou nous en tant qu’adulte, nous ne sommes pas nos émotions. Je suis très attachée au fait de dire « je me sens » triste, en colère, … et non pas « je suis » triste, en colère… D’ailleurs un des mantras de Pipouette est « comment te sens-tu dans ton cœur ? »

La deuxième chose qui me tient à cœur est d’envisager la sphère émotionnelle davantage sous un angle cœur/corps que par la tête. Nous sommes dans une société où nous intellectualisons beaucoup nos ressentis. Or, plus nous serons à l’écoute de ce qui se passe dans notre cœur et dans notre corps, plus nous serons connectés à nous-même. Les jeunes enfants l’ont bien compris, ils sont dans l’instant présent et beaucoup plus connectés au corps que nous les adultes. La poupée est très tactile, douce et moelleuse pour que les enfants se l’approprient facilement. Le design du corps et les dessins des émotions ont été pensés pour que l’enfant (et l’adulte aussi !) puisse exprimer ce qu’il se passe dans son corps quand il ressent une émotion. Par exemple : quand je me sens en colère, j’ai le cœur qui bat plus vite que d’habitude, je fronce les sourcils, je crie fort, etc.

« Tes émotions sont belles, vis les » est le slogan de Pipouette. Avez-vous le sentiment qu’on ne laisse pas assez les enfants vivre leurs émotions ?

Je pense que nous sommes une génération de parents qui laissons de plus en plus nos enfants vivre leurs émotions et c’est merveilleux.

Mais j’ai aussi fait le constat qu’il est parfois difficile, déstabilisant d’accueillir les émotions désagréables de nos enfants. Alors « Tes émotions sont belles, vis les » est une invitation, un encouragement à s’autoriser à vivre toutes nos émotions de manière saine.

En tant que maman, trouvez-vous qu’il est difficile d’accompagner son enfant dans la reconnaissance et la gestion de ses émotions?

Je considère que c’est un chemin et en tant que maman (ou papa bien sûr), nous avons cette chance que nos enfants nous permettent de les accompagner.

Mais oui, il faut oser dire qu’il peut être difficile d’accueillir les émotions et d’accompagner nos enfants dans la gestion de leurs émotions. Car c’est un travail de tous les jours et, surtout au démarrage, ça demande souvent de déprogrammer certains réflexes.

Le petit mot de la fin ?

Osons vivre nos émotions, elles sont nos alliées. Je rêve que nos enfants grandissent avec cette idée afin d’espérer un monde plus doux, plus éveillé.

Nathalie Coutin – Fondatrice de Pipouette